February 2021 0 63 Report
Bonjour Aider moi svp à répondre à trois questions devoir note merci Robert Louis Stevenson est un écrivain écossais. Suite à une déception sentimentale, il décide d’effectuer un périple de 195 km à pied dans les Cévennes, en compagnie d’une ânesse : Monestine. Afin de consigner émotions et découvertes, il tient un journal qui sera la base de son récit…

« On était déjà à la veille d’octobre que je n’étais pas encore prêt à partir. Pourtant aux altitudes où conduisait ma route, il n’y avait pas lieu d’escompter un été indien. J’avais résolu, sinon de camper dehors, du moins d’avoir à ma disposition les moyens de le faire. Rien n’est, en effet, plus fastidieux pour un type débonnaire, que la nécessité d’atteindre un refuge dès que vient la brune. Au surplus, l’hospitalité d’une auberge de village n’est point toujours une infaillible recommandation à qui chemine péniblement à pied. Une tente, surtout pour un touriste solitaire, ne laisse point d’être ennuyeuse à dresser, ennuyeuse encore à démonter et même, durant la marche, elle fournit un évident aspect particulier au bagage. Un sac de couchage, par contre, est toujours prêt : il suffit de s’y insinuer. Il sert à double fin : de lit pendant la nuit, de valise pendant le jour et il ne dénonce pas à tout passant curieux vos intentions de coucher dehors. C’est là un point important. Si un campement n’est pas secret, ce n’est qu’un endroit de repos illusoire. On devient un homme public. Le paysan sociable visite votre chevet après un souper hâtif et vous voilà dans l’obligation de dormir un œil ouvert et de vous lever avant l’aube. Je me décidai pour un sac de couchage et, après maintes recherches au Puy et pas mal de dépenses culinaires pour moi-même et mes conseillers, un sac « à viande » fut dessiné, bâti et apporté chez moi en triomphe.
L’enfant de mon invention avait quasiment six pieds carrés, outre deux flanquets triangulaires pour servir d’oreiller, la nuit, et de couvercle et de poche, le jour, à ce sac. Je l’appelle « sac », mais ce ne fut jamais un sac que par euphémisme. C’était seulement une sorte de long rouleau ou saucisson en bâche verte imperméable à l’extérieur et en fourrure de mouton bleue à l’intérieur. Commode comme valise, sec et chaud comme lit. Chambre à coucher spacieuse pour une seule personne et, à la rigueur, pouvant servir pour deux. Je pouvais m’y enfoncer jusqu’au cou. Car, ma tête je la confiais à une casquette en poil de lapin, munie d’un rebord à rabattre sur les oreilles et d’un cordon à passer sous le nez en manière de respirateur. En cas de pluie sérieuse, je me proposais de me fabriquer moi-même une menue tente, ou plutôt un tendelet, au moyen de mon waterproof, de trois pierres et d’une branche inclinée.
On comprendra sans peine que je ne pouvais porter cet énorme attirail sur mes propres épaules simplement humaines. Restait à choisir une bête de somme. Or, un cheval est, d’entre les animaux, comme une jolie femme, capricieux, peureux, difficile sur la nourriture et de santé fragile. Il est de trop grande valeur et trop indocile pour être abandonné à lui-même, en sorte que vous voilà rivé à votre monture comme à un compagnon de chaîne sur une galère. Un chemin difficultueux affole le cheval, bref c’est un allié exigeant et incertain qui ajoute cent complications aux embarras du voyageur. Ce qu’il me fallait c’était un être peu coûteux, point encombrant, endurci, d’un tempérament calme et placide. Toutes ces conditions requises désignaient un baudet. »

Robert Louis Stevenson, Voyages avec un âne dans les Cévennes, 1879

1. Analysez la situation d’énonciation.
2. Pourquoi le périple entrepris par le narrateur parait-il extraordinaire à son époque ? Justifiez votre réponse par des éléments précis tirés du texte.
3. Donnez au moins un champ lexical présent dans le texte et citez des exemples
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